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Étiquette : comme un poème

Jour de printemps

Jour de printemps

Aujourd’hui j’ai désherbé   Le petit jardin,   Recousu le bouton,   De cette veste de lin   Que tu as oubliée   L’an dernier.   Et même lavé   Les rideaux blancs.   C’est vrai. On ne sait jamais   Ils sont déjà en train de sécher   Sur la rembarde de l’escalier   Je pourrai peut-être même les accrocher   Dans dix ans   Par un beau matin,   De printemps    

Effets de coeur

Effets de coeur

L’un se jette L’autre se mange L’un te brise L’autre fond L’un roule mais n’amasse L’autre se ramasse C’en est assez Entre les deux Mon coeur balance L’un finira dans mon assiette L’autre, il serait bien que je le range A moins qu’au bout d’un beau lacet Il n’aille sautiller  Sur ma chemise Tout contre le mien qui n’y peut rien De battre en rond Et quand j’y pense Mon coeur balance    

Sur la rive hier sacrifiée

Sur la rive hier sacrifiée

Encore et toujours Avant que ne se referme notre histoire Faudra-t-il que je me reproche Notre indifférence et à jamais Seule de ne pas t’avoir même embrassé Ni le moindre bouquet de pensées Après tant d’années De lassitude fraternelle. Faut-il que notre orgueil soit si fort Qu’il nous pousse à oublier nos frères Aujourd’hui cette chanson Est venue te rappeler Jamais nous n’avions été si proches Finalement Le reste est vain Est-il vrai que tu ne m’attendais plus  

Balade du vieux pelargonium

Balade du vieux pelargonium

Premier soleil de l’année L’ombre des pots d’aromatiques Se donne des allures de portiques Sous l’œil italique des chats Gravés au grand soleil ivre. Ton âme s’étire Dans la véranda antique Tu comptes les boutures qu’il te reste Retires les feuilles mortes Soulignes un arrondi Raccourci une tige Houspilles les araignées et Racontes au vieux pelargonium Dans l’odeur glacée de ses feuilles aimenthées Comment c’était le givre Et les bambous quand il vente Le froid sur tes joues Jusqu’au bout…

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L’etourdie

L’etourdie

C’est le gros chagrin de la fille Qui pleure de n’avoir pas fait signe A son gamin derrière la grille. Elle le lui avait promis pourtant Mais il y a toujours quelque passant Pour la happer. Et puis Elle en oublie, juste une seconde, de relever son front au firmament Ou l’attend sagement Celui à qui elle avait dit qu’elle attendrait Ton passage Toute ma vie Par delà la grille Je guetterai Le signe de Ta main Au bout de…

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M

M

  Tu passes sous les guirlandes électriques Sans Même les regarder. Noël dévoile ses déluges de neige Sous tes cils impassibles   Dans les rues, les étoiles guettent Tes yeux verts où scintillent Leurs rêves de givre Le poids cendré des ramures   Tu n’as que trop vacillé Reprends ton souffle éternelle flamme Cours sous la neige, inflexible   Redresse-toi au coeur des matins blancs A leurs fêlures tendres Afin que ton corps fort et fragile   Encore et toujours…

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Le Grand Canyon

Le Grand Canyon

J’ai bien cherché entre deux terres Traces de vie et de lumière Point n’ai trouvé d’autre hémisphère Que celui où nous attendait Comme une entaille dans la terre Un grand canyon empoussiéré Où traînaient deux ou trois regrets. Mais c’est assez. Si les eaux montent un jour sur toi, sur moi Et nous rejoignent par dessus-toit Dis-moi qu’on se retrouvera là-bas Avant que tout ne disparaisse Dans un déluge anamorphique. Le seul refuge que j’ai trouvé Au ciel ouvert de…

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Nuit papillon

Nuit papillon

Il te plaît, lui Il a déjà bien vécu Ses ailes sont élimées La poudre s’en est allée Il a roulé sa bosse et s’est usé à coups d’orages Ton poète aux œillets Pour aucune roseraie, Tu n’en changerais. Dans les boutons des bouquets suaves Il s’en vient toujours T’ empourprer Rocailles de juin Allées Bordures Chemins Jardins Empoudrés Terrassée du soleil Fleurs chaloupées Dans le vent de l’Est Midi souffle A ta porte Sens-tu ses ailes effleurer Tes félures…

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Envolées nocturnes

Envolées nocturnes

Vois-tu ?!Les chauve-souris sont revenuesTrois ce soir dans ma courA l’heure de l’ombraDans le ciel indigoJuste avant que la nuit ne basculeSous le ventre rond de JeannetteAux yeux jaunes perdus de fourrure noire Trois sœurs dont le ballet me tourneRacoleuses de moustiquesElectriques et vibrantes :Nocturne promenadePasseggieta Moi, dans ma cour hébétéeJe les regarde épinglerMes rêves translucidesDans l’œil émietté d’un grand ciel étoiléça ronronne, ça chuchotte, ça grignote dans la presque chaleur de cet entre deux-jours Demain je passe vous voir…

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Ballade orangée

Ballade orangée

Une place au soleil, sur la Place du Marché Tu ne sais pas pourquoi tu es là Mais tu sais que tu es bien Au milieu des passants, Entre deux étals de fruits Trois de légumes Tu dores sous le soleil frileux d’avril Ça sent bon la rose et la cannelle Le lys et la rosée. Il y a cette fille un peu myope Qui passe et repasse devant toi Et te dévisage, rêveuse Regard légèrement  plissé   Tu aimerais…

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